Les Talks La Belle Mèche #2 : Héloïse Mialhe, fondatrice des bijoux Chic Alors !

Les Talks La Belle Mèche

Qu’est-ce que les Talks de La Belle Mèche ?

Ici au sein de l’équipe nous adorons écouter les podcasts ou lire les interviews de personnes inspirantes, découvrir des parcours, des histoires de personnes. Si beaucoup de choses sont faites pour l’entreprenariat, il y a en revanche peu de contenu dédié au parfum.

Curieux de tout, nous avons décidé de lancer nos propres talks sous la forme d’interviews (pour le moment) qui mélangent ces 2 thèmes de prédilection.

 – Chic Alors ! propose des bijoux singuliers aux formes graphiques et travaillées, avec un savant mélange de matières et de volume. Rencontre avec Héloïse Mialhe, sa fondatrice –


1/ Hello Héloïse, nous sommes ravis de t’accueillir pour ce 2ème talk. Peux-tu nous présenter ta marque et la décrire en 3 mots ?

Difficile de la résumer en 3 mots !

De façon simple et objective, je dirais que Chic Alors est une marque de bijoux fantaisie fabriquée en France.

Fantaisie est un mot souvent connoté de façon un peu péjorative. Mais j’adore la définition du mot « Fantaisie« :

  • Désir, goût passager (qui ne correspond pas à un besoin véritable).
  • Tendance à agir selon son humeur, en dehors des règles
  • Imagination créatrice, faculté de créer librement, sans contrainte.

Pour moi il s’agit de notions clés, qui font l’ADN de Chic Alors :

Créativité, liberté (ne pas répondre à une tendance), féminité, être remarquable sans se faire remarquer.

2/ Héloïse, qui es-tu ? et quel est ton parcours avant de lancer CHIC ALORS ?

Je suis née (en 1982) à Lyon et j’ai grandi à Écully, dans une ancienne menuiserie retapée, une banlieue tranquille de Lyon où maisons chics et fermes agricoles se côtoient. A 6 ans, nous emménageons avec mes parents et mes deux frères dans une ancienne menuiserie à retaper.

C’est dans ce cadre, plutôt doux et heureux que j’ai pu, dès l’enfance, laisser libre cours à mon imagination, entourée de garçons, entre mes frères et mes petits voisins. Le jardin était notre terrain de jeu, entre jeu de foot, aventures en tout genre, mais aussi de longs moments d’ennuis terribles… moments propices au développement de l’imaginaire.

Petite, mon environnement était plutôt favorable à l’épanouissement créatif entre un père informaticien, adepte de la photo et des brocantes ; et une mère institutrice un peu fantasque, écrivant des poèmes et histoires fantastiques peignant et sculptant à ces heures perdues. Je passais le plus clair de mon temps à dessiner, peindre, bricoler avec mon père, imaginer des robes ou fabriquer des parfums. J’étais plus portée sur le manuel que l’intellectuel.

Les rencontres

Plus tard, dans mon lycée public (la Martinière Duchère), deux professeurs marquants influenceront mon parcours.
Au Lycée dès la seconde, mon professeur de français que j’aurais tout au long de mon cursus, est un homme extraordinaire et charismatique, il parle 7 langues, fait de la sculpture, il me fascine et surtout m’encourage et crois en moi et mes talents.
En Première littéraire, je décide de suivre une option arts plastiques facultative que je présenterais au bac. J’ai la chance d’avoir une professeure incroyable et investie, qui me passionne et me stimule, me fait découvrir le Pop Art.

Mes deux professeurs, Monsieur Guider et Madame Fieujean, m’aideront à préparer le dossier et le concours pour intégrer l’école publique d’arts Appliqués Estienne, puis l’école de stylisme Duperré. Sans savoir vraiment dessiner, sans avoir fait de classe préparatoire, je partais à 17 ans pour la capitale. L’apprentissage, le monde des arts et la vie parisienne s’ouvraient à moi.

Avec le recul, je me dis que grâce à l’école publique et ces deux professeurs exceptionnels, ma vie ne serait peut-être pas ce qu’elle est aujourd’hui. Et qu’ils ont participés à leur manière à la construction de Chic Alors.

Désolé je crois que je fais un peu long !

3/ Nous sommes curieux de savoir comment t’es venu l’idée de CHIC ALORS ? Pourquoi et comment tu as décidé de concrétiser cette idée ?

Chic Alors n’est pas né d’un business plan ou d’une étude marketing, mais d’un cheminement de vie et d’une succession d’idées et de rencontres.

Après un premier projet de marque de moufles, The Moufflette Show, que je lance en sortant de mon école de stylisme, je tâtonne ensuite en créant une petite ligne de vêtement « Cuicui à Paris », puis une ligne de bijoux « Pas de Pacotille », réalisée à partir de jouets détournés ou d’éléments chinés sur des brocantes.
Tous ces concepts plaisent, mais concrètement ne me permettent pas d’en vivre.

Le déclic

En 2008, alors que je travaille comme vendeuse chez Princesse Tamtam a lieu une rencontre décisive. Le village des créateurs, une structure lyonnaise qui accompagne les marques de mode dans leur développement, et qui m’a soutenue dans mes précédents projets, me propose d’être membre d’un jury pour un concours de Mode dont la présidente sera Agnès B. Moi membre d’un Jury ! au côté d’une créatrice de renom, c’était un peu mon festival de Cannes.

A cette époque, une idée me trotte dans la tête : un concept d’accessoires textile, faits à partir de cols de chemises récupérés chez Emmaüs, sur lesquels j’accroche des chaines.

Je prends mon courage à deux mains et profite de l’occasion pour parler de mon concept à Agnès B. Elle m’invite à prendre RDV avec sa responsable des accessoires à Paris. Quelques mois plus tard, je reçois un coup de téléphone :

« Agnès a retenu votre concept, elle souhaite présenter vos cols colliers sur le prochain défilé. Mais les cols devront être noirs et blancs et les chaines argentées. »

1er point clé :  il me fallait déposer une marque, trouver un fabricant pour la chaine. La marque déposée sera Chic Alors ! une expression un peu désuète, mais qui  exprime  la joie, un  sentiment de satisfaction, qui parle d’allure sans se prendre au sérieux, et surtout un nom qui se retient.

2eme point clé : A cette époque , je vis à Paris, sans contact dans la fabrication de bijoux, je demande à tout hasard à un vendeur de chaines du 3eme arrondissement si il connait un « doreur » pour teinter les chaines.
Deux noms me seront donnés, je rencontrerais une des deux entreprises, qui sera la bonne et deviendra mon fabricant officiel et partenaire indispensable, sans lequel Chic Alors ne serait pas là aujourd’hui.

L’aventure Chic Alors était lancée.

10 ans après ces deux rencontres clées, Chic Alors a grandi, s’est développée. Nous sommes vendus dans une centaine de points de vente en France, en Europe, à l’international. Et nous grandissions et murissons chaque jour avec nos clientes qui portent (au sens propre et figuré) la marque.

Aujourd’hui, nous sommes une petite entreprise, avec deux salariées, Élodie mon assistante et moi-même. Et bien entendu des partenaires, collaborateurs privilégies avec qui nous travaillons depuis toujours.

5/ Peux-tu nous raconter ta journée type chez CHIC ALORS ?

Une journée type Chic Alors, n’est pas toujours très glamour, car c’est avant tout une journée d’entrepreneuse et d’entreprise. Répondre à des mails, gérer des papiers, appeler l’atelier à Paris pour faire des points sur la fabrication, discuter avec nos clients, mettre à jour notre site internet, faire des tableaux sur excel, réceptionner des produits, penser au futur shooting, et entre tout ça… imaginer et dessiner de nouveaux bijoux.

6/ « L’échec est la mère du succès » proverbe chinois. Peux-tu nous raconter ton pire échec d’entrepreneur(e) et la leçon que tu en as retenue ?

Bizarrement, je n’ai pas le sentiment d’avoir eu ou vécu de pire échec, mais plutôt la sensation que certaines choses n’ont pas marché aussi bien que je l’espérais.

7/ Peux-tu nous dire comment tu vois le développement de CHIC ALORS dans les prochains mois ? Des nouveautés à venir ?

En ces temps un peu troublés, ce n’est pas évident d’avoir des certitudes sur l’avenir. Nous espérons que cette période amènera à trouver de nouvelles ressources en nous et qu’il en ressortira des choses positives.

Notre envie principale est de consolider le lien qui nous uni à nos clientes.

Travailler à notre rythme sans la pression de la nouveauté à tout prix et des prix tirés vers le bas. Nous voulons créer des produits qui ont du sens et seront durables. Nous ne voulons pas être des bijoux de fast fashion.


En 2020, nous allons tenter de sortir un peu du schéma classique : collection >  saison > revendeur.

Grace à notre nouveau site internet www.chicalorsparis.com complètement repensé, nous pouvons mettre en avant de nouveaux projets, de nouvelles idées et tester des choses en dehors des sentiers battus, selon nos envies, nos humeurs.
Nous lançons une rubrique Vintage, où nous proposons des objets, des bijoux que j’ai chinés moi-même. J’ai aussi envie de créer des objets ou des séries de produits qui ne sont pas en lien direct avec le bijou. Ces produits seront proposés uniquement sur notre eshop dans notre rubrique Les Éditions. Vous pouvez retrouver dès à présent le Miroir Gus, édité en série limitée de 30 pièces.

Et puis nous allons déménager et prendre de nouveaux bureaux lyonnais ou nous souhaitons recevoir plus souvent nos clientes. Avec l’envie d’organiser pour elles des rendez-vous privés, pour qu’elles puissent venir essayer les bijoux, découvrir les collections, participer à des ateliers où elles pourront créer leur propre bijou.

8/ Des astuces pour ceux qui veulent se lancer mais qui n’osent pas ?

Ne pas avoir peur d’essayer, de se tromper, s’armer de patience, avancer petit à petit, créer les rencontres, laisser place à la spontanéité, ne pas prendre trop de risque financier.

8/ Le parfum : racontes-nous le parfum de ton enfance ?

Je n’ai pas d’odeur particulière liée à mon enfance. Pour l’instant, je n’ai pas encore de flashback olfactif, ni de madeleine de Proust, qui me replongerait en arrière. Hormis peut-être l’odeur du feu de cheminée. L’hiver mes parents chauffaient la maison au bois, et nos vêtements prenaient cette odeur un peu particulière du feu de bois. Une amie me disait souvent que je sentais la saucisse.

9/ L’histoire derrière un parfum : quel parfum te fait instantanément voyager en arrière et te remémorer un souvenir heureux de ta vie ?

Ces dernières années, j’ai remarqué qu’une odeur me transporte littéralement, au point de me faire couler quelques larmes.

Quand arrive le printemps à Lyon, je prends mon vélo pour me rendre au bureau. Sur mon chemin qui passe par la place Jean Macé et longe l’hôpital Saint Luc Saint Joseph se trouvent de majestueux tilleuls. Lors de leur floraison au printemps, une odeur puissante se dégage de ces arbres.  À vélo, cheveux au vent, passant sous leur épais feuillage, l’air se charge de leur parfum faisant disparaitre l’odeur du bitume. Cette bouffée verte, enivrante me soulève et m’emporte au point de me sentir voler et monter des larmes de bonheur simple.

10/ Le parfum qui t’insupportes et pourquoi ?

De façon générale, je n’aime pas les odeurs trop fortes, capiteuses ou musquées. Les parfums des autres qui s’imposent à moi me dérange énormément et souvent me donne mal à la tête.

9/ Portes-tu un parfum ? Si oui lequel ?

L’eau parfumée au Gingembre de Roger & Gallet.
J’adore ce parfum et je m’en met plusieurs fois avant de partir le matin. Lorsque je le porte je ne le sens pas trop. Mais lorsque j’enfile un manteau, une veste, ou que je sens une écharpe imprégnée de ce parfum, je ne saurais pas dire pourquoi mais l’odeur me procure un sensation incroyable de réconfort.

11/ Allumes-tu des bougies chez toi ? Si oui quels parfums aimes-tu ?

Je mets de temps en temps des bougies chez moi mais trop peu. Il faudrait d’ailleurs que je m’en rachète une. J’adore l’odeur du gingembre, de la fleur d’oranger, du monoï.

12/ Et enfin ta bougie parfumée préférée de chez nous ? et quel parfum souhaiterais-tu voir chez nous et que nous n’avons pas ?

J’adore la menthe basilic, mais en regardant toutes vos senteurs j’ai envie de toute les sentir.

A développer : Gingembre citron !

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Crédit photos : Ghislain Mirat

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